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LE COIN DES MULTIPLES

le faire part de naissance, fait maison, colorié à la main par mes soins...

 

En octobre 1996, le 19 pour être exact, nous sommes devenus les heureux parents de jumeaux. Nous ne prétendrons pas ici vous apprendre à éduquer des jumeaux, personne n’a la clé de cette éducation un peu particulière par moments... Je souhaite vous faire part de notre expérience en espérant que cela vous soit utile : pour comprendre ce monde ou pour comprendre vos jumeaux... Nous faisons également partie de @ l'association départementale de parents de multiples @...

 

Petite enfance et enfance :

Fils1 aime/aimait le calme, Pierre Lapin et les lapins en général, lire, dessiner, colorier, découper, déchiqueter, les LEGO, les jeux de construction en général, les sciences... Un futur architecte ?

Fils 2 aime/aimait les girafes, les dauphins, il était passionné par l'Egypte, les pompiers, et puis lire, dessiner, jouer aux jeux de construction, les LEGO... Un futur médecin ?

Ils sont pareils et différents à la fois. Ils fonctionnent de la même façons (plutôt intellectuels, contructeurs, calmes), mais aiment à se différencier dans leurs goûts et surtout cela les ammène à être très peu influençables. Ils aiment se distinguer sans être des marginaux pour autant, ne pas faire comme tout le monde, mais en toute discrétion...

Longtemps, on n'a pas su s'ils sont monozygotes ou dizygotes, mais nous n'avons jamais rien fait pour accentuer les ressemblances...

Attendre des jumeaux :

J'ai eu la chance d'avoir une merveilleuse grossesse : pas de nausée, pas de mal de dos, pas besoin de rester allongée... Avant cette grossesse, j’avais fait en juillet et en octobre 95 deux fausses couches précoces (3 semaines et 15 jours). Aussi lorsque je me suis retrouvée enceinte la troisième fois, mon docteur m’a prescrit une échographie précoce (1 mois de gestation) pour vérifier les battements de cœur. C’était chez un échographe qui n’était pas spécialisé dans les grossesses. Il y avait un battement de cœur, tout allait bien. En sortant du cabinet, Le Prince et moi, nous nous disons : “c’est dommage, il n’y en a qu’un”, nous avions toujours rêvé d’avoir des jumeaux et j’avais un peu d’hérédité possible du côté de papa... Nous avons eu une nouvelle échographie un mois plus tard pour vérifier l’évolution... Alors je vois 2 points blancs sur l’écran, je commence à sourire, je croyais comprendre... et l’échographe me dit “La dernière fois, on avait dit qu’il n’y en avait qu’un ?” “Oui...” j’attend sa confirmation, déjà joyeuse... “Et bien il y en a deux”. Pour nous ça a été la meilleure nouvelle de notre vie !!! Plus tard, alors que j’appelle mon docteur pour parler des résultats, il s’inquiète “Alors, vous le prenez comment ?, et moi “ Avec mon mari, on est ravi !”. Il avait eu dans les semaines précédentes 2 annonces du même type et les mamans étaient en larmes. Nos parents ont été ravis de cette nouvelle, maman rêvait d’avoir des jumeaux et mes beaux-parents ont eu 6 enfants... Ce qui est drôle, c’est lorsque j’ai été enceinte de notre troisième (la petite sœur qui a suivi en octobre 2000), j’ai été suivie en fin de grossesse par une gynécologue de la maternité, je lui ai confié que j’aurais bien aimé une deuxième paire et elle m’a confié qu’elle se posait justement la question du quatrième car elle “craignait” des jumeaux (elle n’en avait pas)... et en décembre 2001, pour le compte du journal de l'association, j’ai tapé deux prénoms... qui étaient ses jumeaux !!!!

J'enseignais alors en CP-CE1, une petite classe (14 élèves), j'ai pu me ménager facilement en restant assise le plus possible. Quand fin juin est arrivé, il était temps que je m'arrête et si je n'avais pas été enseignante, mon médecin m'aurait prescrit un congé pathologique (le congé maternité débutait le 9 août). Je me suis donc reposée, j'ai lu, beaucoup, j'ai même appris à tricoter (à l'époque je ne connaissais pas le point de croix, quel dommage !!!). Mes parents assuraient nos courses hebdomadaires (et oui, c'était au tout début d'internet, les supermarchés en ligne n'existaient pas et les "drive" non plus !). J'ai commencé à faire venir la coiffeuse à la maison (coiffeuse à domicile, je fais toujours ainsi d'ailleurs, je perds beaucoup moins de temps !), à demander aux boulangères de passer chez moi (ce portage à domicile perdure dans les campagnes, nous avons aussi gardé cette habitude jusqu'à ce que ce soit encore possible)... Je commençais aussi à m'ennuyer, mais je savourais cet ennui en sachant qu'après je ne serai pas prête de m'ennuyer autant !!! Je ne dormais plus allongée depuis un moment, mais semi-assise avec 2 oreillers sous le matelas et un au-dessus. A l'époque, nous n'avions pas ce lit si confortable, double sommier et double matelas avec la tête relevable. Et j'ai eu raison de prendre soin de moi : je n'ai pas souffert du dos, je n'ai pas trouvé la charge lourde et j'ai eu la chance d'avoir des enfants qui ne sont "descendus" que 15 jours avant leur arrivée. C'est vrai que pendant ces 15 derniers jours, il m'arrivait d'avoir du mal à me déplacer. Leur naissance était prévue pour le 1er novembre, mais sachant que les jumeaux sont "prêts" 15 jours plus tôt que les singletons, "on" ne souhaitait pas me voir aller tellement au-delà du 15 octobre.

Les 3 derniers mois, je me rendais donc tous les 15 jours à la maternité, tout allait bien. Et puis dans la semaine précédent le 19 octobre, on m'a dit qu'il allait être temps... qu'il fallait que je me bouge pour faire avancer les "choses"... J'ai donc fait plus de marche, le jeudi soir j'ai commencé un faux travail (contractions toutes les 20mn... puis nous nous sommes endormis !!), le vendredi on m'a donné rendez-vous pour un déclenchement le lundi matin suivant... Je ne me voyais pas du tout arriver avec ma valise pour accoucher, on m'a proposé un décollement des membranes de la poche des eaux pour faire avancer le travail.... ça a déclenché des contractions, nous sommes rentrés chez nous pour me reposer et s'assurer de la validité de ces contractions... Puis lorsque l'émission Thalassa fut terminé, j'étais à une contraction toutes les 5/6 mn, nous avions 15 à 20 mn de trajet, nous sommes partis. A l'arrivée à la maternité (autour de 23h) j'étais "à 4", c'était parfait ! On m'a fait une dernière écho pour vérifier les places des bébés (on m'a fait la blague "oh, il y en a trois !"). J'ai du accepter une péridurale "au cas où", mais elle n'a pas fonctionné, ou du moins que très partiellement, juste pour m'empêcher de ressentir l'envie de pousser que je n'ai donc pas du tout connu pour cet accouchement, mais toutes les autres sensations étaient là. Cela ne me dérangeait pas, je n'en voulais pas, mais je comprenais les raisons de devoir en accepter une. Le plus dur, à ce moment là, a été de devoir rester totalement allongée et cette position était fort désagréable pour moi. Et puis on m'a dit que c'était le moment, et comme je ne ressentais aucune envie de pousser, il a fallu que je profite des contractions. Cela a dû durer 10 à 20 mn, je n'ai aucune notion du temps écoulé à ce moment là... Fils1 est arrivé, j'ai pu le prendre sur moi, 1 minute grand maximum et il est passé aux soins (3,120kg !), alors le second s'était mis un peu en travers, on a appelé l'obstréticien de service, il a sorti les forceps (je n'ai rien vu, mais Le Prince a été impressionné), il a "recalé" le bébé puis a laissé la sage-femme poursuivre son travail... là j'aurais bien pris un jocker d'une demi-heure, je me sentais à bout de force...heureusement, le chemin étant "fait", le deuxième bébé arrive plus vite... et donc 12 minutes après son frère, Fils2 était là... Il n'a pas respiré immédiatement, la sage-femme a du le reprendre tout de suite, mais dès qu'elle a eu dans ses mains, il a crié... trop tard pour le reprendre, il est parti à côté (3,200kg !!!). Puis ils sont revenus, côte à côte et bien dynamiques, dans la chauffeuse, à côté de moi, ils étaient tellement beaux !!! Un peu plus tard ils sont allés se faire habiller, on les a nourris, l'un au sein, l'autre au biberon... (en fait, il aurait peut-être mieux valu que je les allaite complètement pendant 2 ou 3 semaines puis passer au mixte, je n'aurais peut-être pas été obligée d''arrêter d'allaiter au bout d'un mois...). A la fin de ma grossesse, j'avais donc 6,320kg de bébés dans le ventre et j'atteignais 119cm de tour de taille !!!

 

Les vêtements, la ressemblance...

Depuis leur première heure, ils ont eu des vêtements différents et des garde-robes distinctes. Du body aux chaussures, rien n'a jamais été commun, et si je ne pouvais pas trouver deux choses absolument différentes, je jouais alors sur la couleur (pour les bottes, les salopettes d'extérieur...). Je ne supportais pas de les voir habillés à l'identique, pour les mariages j'acceptais de les coordonner, mais cela n'allait pas plus loin... Nous n'avions pas attribué de couleurs spécifiquement à l'un ou l'autre, mais il y a des dominances liées la coordination des vêtements entre eux, cela est toujours resté (l'un n'a presque jamais porté de rouge alors que l'autre n'a presque jamais eu de marine par exemple)... Leurs vêtements ont donc toujours été rangés sur des étagères séparées, exactement comme on le ferait pour 2 frères d'âges différents. J'ai souvent eu du mal à me restreindre dans le choix de leurs vêtements, si j'avais dû diviser ce choix par deux sous prétexte de les vêtir à l'identique, j'aurais été bien malheureuse. Je ne supporte pas non plus l'idée de mélanger les vêtements, je ne vois pas en quoi cela est "pratique", cela ne me viendrait pas à l'idée pour moi et mon mari (pour des habits mixtes). Et puis sur leur photos de bébés, je sais toujours qui est qui... et souvent grâce aux vêtements (même si j'ai pris la précaution de toujours noter sur les photos ou dans l'album).

Dès que cela a été possible, nous les avons coiffés différemment, coupe au bol pour l'un et cheveux courts pour l'autre... De ce fait, tous ceux qui les côtoyaient régulièrement les reconnaissaient du premier coup d'oeil, cela n'a jamais posé problème... Vers 6 ans, Fils2 a émis le souhait de changer de coupe pour ne plus avoir de cheveux dans les yeux juste avant de passer chez le coiffeur...

Nous voici donc le 29 novembre 2002, la décision est prise, nous coupons les cheveux de Fils2 ... pas trop trop court cependant... mais lorsque la coupe est terminée, j'ai la drôle de sensation de voir Fils1 ... oui je reconnais Fils2 sans problème... mais il y a une telle ressemblance entre les deux à présent ! Du coup, Fils1 qui ne devait pas se faire couper les cheveux ce jour là, passe aussi entre les mains de la coiffeuse, afin de rétablir une vraie différence entre les deux... L'entourage qui les côtoie régulièrement n'a alors commis aucun impair... tout le monde les reconnaissait bien ! Ouf ! Et les années passant, cette confusion ne se renouvelle qu'à la suite des passages par les mains de la coiffeuse, mais Fils2 garde sa longueur "d'avance" qui lui va si bien d'ailleurs !

Début janvier 2003, nous avons la confirmation à 99,99% d'un laboratoire canadien qu'ils sont monozygotes.

 

Les séparations :

Il me paraissait important que nos fils soient séparables... parce que la vie le décide ainsi parfois, et qu’il me semblait que ce serait moins dur pour eux s’ils l’avaient vécu.
Ils n’ont pas toujours tout fait ensemble. Ils ont dormi dans des lits séparés dès la première heure (parce que cela n'a jamais posé aucun problème), je ne les ai jamais calés de force pour les repas ou les siestes car j’avais toujours (ou presque) quelqu’un avec moi. de fait, en 1 mois et demi les repas se sont calés, par contre il nous a fallu attendre 15 mois pour avoir les siestes synchronisées. Ils prennaient les bains et les douches séparés le plus souvent (toujours jusqu’à 3 ans, ensuite, tous comme leurs soeurs après eux, il fût un temps où prendre le temps dans le bain à deux était plus amusant...).
Ils ont commencé la halte garderie à 10 mois ensemble, puis vers 18 mois, de temps en temps l’un des deux restait “avec les copains” pendant que l’autre faisait les courses avec moi.
Ils ont commencé l’école dans la même classe, mais comme il nous en a été donné la possiblité, ils ont fait la moyenne section dans des classes séparées : cela nous a tous fait du bien. Ils avaient besoin de cette séparation à ce moment là. Et pour nous, c’était agréable d’avoir des travaux différents, des vécus de classes différents... Et entre eux ils se racontaient leur journée...
Ils sont aussi séparables que des frères et soeurs, même si le lien qui les unis est plus fort... Ce qui me semble important, c'est d'agir comme on le fait avec des frères et soeurs, ne pas séparer juste pour séparer, mais pour permettre à chacun de vivre des moments privilégiés, particuliers...

 

La propreté :

On se pose toujours la question si nos multiples vont être “propres” en même temps ou non... Voici ce que nous avons vécu...
L'un a marché à 13 mois, l'autre à 13 mois et demi... Donc vers 19 mois, j’ai acheté deux pots (chacun le sien décoré d’un bel autocollant) en suivant les indications des revues "6 mois après la marche on peut proposer le pot". J’avais commencé à leur lire des histoires à ce sujet, je leur ai expliqué la chose. Ils ont accepté de s’y asseoir assez rapidement... Mais je n’ai jamais rien vu dans le pot... Je ne les laissais pas plus de 5 ou 10mn, et c’était fonction de leur envie d’y rester. Ils devaient entrer à l’école 1 mois et demi avant leurs 3 ans, il n’y avait pas le feu (même si je lavais les couches). A 2 ans et demi, j’ai dû reprendre le travail, et pour ces deux mois qui nous séparaient des vacances scolaires, je les déposaient chez Belle Maman. Elle savait qu’il y aurait un caca le matin à leur arrivée chez elle et qu’ils faisaient forcément pipi après le déjeuner, elle a donc commencé à leur proposer le pot à ces deux moments. N’étant pas dans la phase d’"affirmation de soi" avec elle, ils lui ont “donné” ce qu’elle attendait, quelques temps plus tard nous obtenions les même résultats à la maison. Puis un jour, un samedi, il faisait beau, alors qu’ils maîtrisaient bien le pot, nous leur avons proposé de retirer la couche (sauf sieste et nuit)... on ne les a jamais remises en journée, ils n’ont eu que deux accidents chacun dans la semaine qui a suivi, ils avaient 32 mois. Un mois plus tard l'un était sec à la sieste, avant 3 ans l'autre était complètement propre. L'un a gardé sa couche de nuit jusqu’à un peu plus de 3 ans et demi. Je ne me suis jamais inquiétée me donnant comme "objectif" naturel 3 ans pour le jour, 6 ans pour la nuit (âges avant lesquels on ne parle jamais de problème).

 

L'âge du NON (en fait l'âge de l'affirmation de soi):

C'est la période que j'ai trouvée la plus difficile ! Autant matériellement, la première année a été facile, Le Prince travaillant à la maison, le travail a été partagé en deux, je n'ai pas eu à subir la fatigue habituelle des mamans de jumeaux. Mais alors, je n'étais pas préparée à ce raz de marée de NON de la part de 2 petits bouts bien trempés ! Cela a commencé vers 15 mois, ils ont commencé à dire NON à tout, comme tous les enfants de leur âge... sauf que si on arrive à avoir de la patience pour un, il est plus difficile de garder son calme avec deux. Quand l'un dit NON, on arrive parfois à changer d'idée, trouver un moyen de contourner le problème, ouf ! Oui, mais là, il faut recommencer dans la minute qui suit avec le 2ème... et le 1er revient à la charge... Et on a vite l'impression de n'être plus qu'un gendarme qui édicte des lois et essaie de les faire accepter ! Il m'est même arrivé d'avoir recours, plus tard, à la fessée : totalement inutile, je vous l'accorde, mais dans cette période je n'avais pas toujours le loisirs de me poser pour réfléchir, rassurez vous, j'ai rapidement cessé.

Pour faire baisser la pression, j'ai pu profiter de plusieurs soupapes : les mamies, je les confiais régulièrement pour une journée à l'une ou l'autre mamie, nous partions aussi 2 fois l'an en amoureux, 2 jours ou 2 semaines... Lorsque je faisais mes courses, ils allaient à la halte garderie. Malgré tout, je n'ai jamais laché prise, quand je dis NON c'est NON, si une chose doit être comme ça pour des raisons valables, il n'est pas question d'y échapper : par exemple, pendant 6 mois (ou plus) il a été assez difficile de leur faire accepter le siège auto (même s'ils ont été habitués de façon permanente depuis leur première sortie), alors sans perdre patience, d'un bras je maintenais fermement l'enfant plaqué contre son siège (sans faire mal) et de l'autre main je l'attachais, nous avions de bons sièges avec un harnais à serrage centralisé, ce qui facilitait la manipulation (pour rappel, à l'époque, ce n'était pas généralisé), je ne les ai jamais vu se détacher, ni même réussir à passer les bras sous le harnais, tout en les attachant, je leur répétais que je les aimais, que c'était pour cette raison qu'ils étaient attachés, que c'était pour être sûre de ne pas les voir passer le pare-brise... bref, le message est passé petit à petit, ils ont fini par accepter cela sans problème pour même ne plus pouvoir monter dans une voiture sans mettre la ceinture...

2002 : Avec ma troisième, j'ai trouvé cet âge beaucoup plus facile : j'avais l'expérience, plus de patience car il n'y en avait qu'une qui dit NON et aussi parce que nous étions 4 à la maison pour lui faire comprendre qu'elle ne peut pas tout faire à sa guise...

Il ne s'agit nullement de dire "c'est moi le grand, j'ai raison, tu es le petit, tu as tort", mais il s'agit de donner à l'enfant les limites nécessaires à sa sécurité affective, psychique et physique. Cette étape est importante dans la vie de l'enfant, il construit sa personnalité, teste inconsciemment ses parents pour s'assurer de leur amour (papa et maman ne me laissent pas faire n'importe quoi, c'est important, c'est parce qu'ils m'aiment) et il est important d'être là pour l'aider. On écoute ce que l'enfant exprime et on adapte la réponse, mais cela demande de la patience et il faut reconnaître qu'avec 2 ou 3 du même âge, on perd un peu cette patience... Pour elle, lorsque je lui disais de venir changer sa couche, c'était bien sûr NON, alors je lui demandais ce qu'elle voulait emporter sur la table à langer, elle choisissait et me suivait sans problème... Toute l'astuce réside aussi là... pour le siège auto, c'étati plus facile, elle voiyait ses frères s'attacher, elle "faisait" comme eux, et lorsqu'elle était seule en voiture avec moi, c'est un peu plus difficile, mais je lui donnais de quoi s'occuper tout en l'attachant et en redisant mon discours sécuritaire, et ça marchait !

Il semblerait que si l'on réussit à utiliser le NON le moins possible (en utilisant des formules plus positives comme : viens par là au lieu de dire NON ne touche pas, puis explications) on puisse en retour avoir moins de NON... Mais c'est une gymnastique assez difficile, surtout en cas de danger...

 

L'école :


Faut-il séparer les jumeaux à l'école ? Comme beaucoup, je vous dirais que c'est au cas par cas. Nos jumeaux étaient habitués à se séparer régulièrement avant l'école, pour la petite section de maternelle je ne voyais donc aucun inconvénient à ce qu'ils soient dans la même classe. D'une part nous n'avions pas le choix (petite école) et d'autre part, c'est toujours plus rassurant pour un enfant de commencer quelque chose de nouveau avec son jumeau. Cela s'est relativement bien passé, mais se posait le problème de l'expression de chacun : lorsque Fils1 racontait quelque chose, Fils2 ne pouvait s'empêcher d'ajouter ses commentaires, et si Fils2 parlait en premier (cahier de vie par exemple, bien que le contenu était toujours différent pour les 2) Fils1 refusait alors de parler ensuite, prétextant qu'il n'avait plus rien à dire. La maîtresse devait toujours commencer par mettre Fils1 en activité avant d'en proposer une autre à Fils2, le contraire ne fonctionnait pas. Pour la moyenne section il nous a été proposé de les séparer (en fait, faisant partie de l'équipe enseignante, cela s'est fait d'un commun accord). Nous leur en avons parlé en mettant en avant tous les avantages de la chose. Ils étaient d'accord... enfin jusqu'à ce qu'on reçoive la liste officielle des classes et là Fils1 était un peu moins d'accord... Pour moi, il était autant embêté par le fait de ne pas changer de classe puisque c'est lui qui restait dans la classe des PS-MS pendant que son frère était dans la MS-GS... La rentrée s'est déroulée sans difficulté, il fallait juste que je dépose Fils1 en premier dans sa classe... 3 jours plus tard, il y a eu un anniversaire dans la classe de Fils2, il a eu des bonbons... en sortant le midi il avait donc ces bonbons dans la main, Fils1 en était jaloux, et voulait en demander à la maîtresse de Fils2... Je lui ai expliqué que c'était chacun sa classe, qu'il ne tarderait sans doute pas à avoir un anniversaire dans sa classe... il a accepté, 2 jours après ce fut le cas, la première chose qu'il a fait en sortant le midi, c'était d'offrir la moitié de ses bonbons à son frère !!! Ce qu'ils ont ensuite toujours fait, tout le long de l'année. Pour la grande section la réunion des deux était obligatoire, mais cette année de séparation avait joué son rôle de les pousser un peu plus vers les autres, tout s'est donc bien déroulé... et ils avaient appris à respecter les temps de parole respectifs... Durant ces 3 années de maternelle, nous avons toujours veilléà raconter des choses différentes dans le cahier de vie, très induit la première année, et beaucoup plus naturellement la dernière année.

En septembre 2002, ils entraient au CP avec de bonnes notions de lecture... Les leçons du soir étaient donc très rapides ! Le seul hic est lorque l'un de nous 2 se trouvait à suivre 2 fois les mêmes leçons... mais à la Toussaint 2002, il est décidé de les passer tous les deux en CE1... ce qui a semblé leur être bénéfique... Au mois de septembre 2003, c'est donc en CE2 qu'il ont fait leur rentrée. C'est une année scolaire qui s'est déroulée sans aucun soucis, ils se chargeaient de surveiller l'un l'autre leurs leçons, je ne me suis pratiquement occupée de rien... En septembre 2006, ils sont entrés dans des 6ème séparées et tout s'est très bien passé, ils ont eu quelques professeurs en commun, ils se sont fait de nouveaux copains, et cela tout au long du collège... Tout va bien ! Ils se retrouvent sur la cour et à la cantine... Au lycée, les choses ont ainsi continué. Etant internes, par contre, nous avions demandé à ce qu'ils soient dans la même chambre pour des raisons purement pratiques, et c'est aussi un avantage à avoir un jumeau alors, car la chose est accordée facilement et au moins, on est sûr d'avoir un bon camarade dans sa chambre.

Etant tous les deux attirés par les sciences, ils suivent un bac scientifique. Par contre, depuis qu'ils ont des options ou des spécialités à choisir, ils ont régulièrement fait des choix différents, Espagnol (deuxième langue) et arts plastiques pour Fils1, Allemand et latin pour Fils2 par exemple...